Une mortaiseuse à chaîne Lyon Flex peut encore rendre de fiers services dans un atelier de menuiserie, à condition de choisir le bon modèle et de vérifier sérieusement son état. Je présente ici les versions que l’on rencontre le plus souvent, leurs caractéristiques, les prix observés en occasion, ainsi que les contrôles à effectuer avant l’achat.
L’essentiel à retenir avant d’acheter cette machine
- Usage principal : réaliser rapidement des mortaises profondes pour les assemblages de portes, fenêtres et charpentes.
- Modèles courants : F56, F56B, F70, F2056 et F2084, avec des équipements et des puissances variables.
- Prix d’occasion : environ 200 à 1 500 €, selon l’état, le moteur, les chaînes et les accessoires.
- Point le plus important : une chaîne affûtée et un guide en bon état valent souvent davantage qu’une peinture récente.
- Alimentation : de nombreux exemplaires fonctionnent en triphasé 380 V, un élément à vérifier avant le transport.

Ce que l’on trouve réellement sous le nom Lyon Flex
Dans les annonces et les catalogues de machines à bois d’occasion, Lyon Flex désigne surtout des mortaiseuses à chaîne. Leur principe est simple : une chaîne munie de couteaux tourne autour d’un guide et enlève le bois pour former une mortaise rectangulaire. Le déplacement de la tête permet d’obtenir une entaille régulière, bien plus rapidement qu’avec une perceuse et un dégagement manuel au ciseau.
Je préfère le préciser, car le terme « mortaiseuse » peut aussi désigner une machine à mèche, une mortaiseuse à bédane carré ou même une machine destinée au métal. Les Lyon Flex rencontrées dans les ateliers français sont généralement des machines robustes de menuiserie, souvent anciennes, conçues pour un usage professionnel ou semi-professionnel.
Les références les plus visibles sont les F56 et F56B, la F70 ainsi que des modèles plus lourds comme la F2056 ou la F2084. La présence d’une référence ne suffit toutefois pas à connaître l’équipement exact : deux machines portant le même nom peuvent avoir des chaînes, des moteurs ou des accessoires différents.
Les modèles et les caractéristiques à comparer
Les fiches disponibles donnent une idée de la gamme, mais je conseille de considérer chaque exemplaire comme une machine unique. L’année, les réparations et l’état du système de mortaisage influencent directement les performances.
| Modèle ou série | Profil habituel | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|---|
| F56 et F56B | Machine compacte d’atelier, adaptée aux travaux courants de menuiserie | Jeu du guide, état de la chaîne, disponibilité des pièces |
| F70 | Version plus puissante, souvent en 380 V, destinée à un usage régulier | Puissance réelle, intensité moteur, course et maintien de la pièce |
| F2056 | Machine professionnelle lourde, intéressante pour une production répétitive | État des glissières, butées, câblage et accessoires fournis |
| F2084 | Modèle ancien pouvant disposer d’un moteur d’environ 1,8 kW | Usure mécanique, plaque signalétique et conformité électrique |
Une fiche d’occasion attribue par exemple à une F2084 un moteur de 1,8 kW tournant à 3 000 tr/min, une largeur de pièce de 100 mm et un déplacement latéral de 205 mm. Ces chiffres sont utiles pour situer la machine, mais je ne les appliquerais pas automatiquement à toutes les F2084 sans lire la plaque constructeur.
La profondeur maximale annoncée peut atteindre environ 160 mm sur certains exemplaires, tandis que la largeur de chaîne varie selon le guide monté. Pour un travail précis, la combinaison guide-chaîne est plus déterminante que la puissance seule. Une machine très puissante équipée d’une chaîne émoussée donnera un résultat médiocre et sollicitera inutilement le moteur.
Choisir entre une petite machine et une version professionnelle
Pour fabriquer quelques portes, restaurer des meubles ou réaliser des assemblages de manière ponctuelle, une F56 ou une F56B peut suffire. Je regarderais surtout la stabilité de la table, la facilité de réglage et la présence de plusieurs chaînes plutôt que de rechercher le modèle le plus imposant.
Une F70 ou une version plus lourde devient intéressante lorsque les pièces sont longues, épaisses ou nombreuses. Elle apporte généralement davantage de rigidité et une meilleure endurance, mais elle demande aussi plus de place, un moyen de manutention et souvent une alimentation triphasée 380 V.
| Besoin | Choix raisonnable | Compromis à accepter |
|---|---|---|
| Restauration et petits travaux | F56 ou F56B en bon état | Course et capacité parfois limitées |
| Fabrication régulière de menuiseries | F70 ou modèle équivalent | Encombrement et alimentation plus exigeants |
| Production intensive | F2056 ou machine professionnelle révisée | Prix, transport et maintenance plus élevés |
Il faut aussi distinguer une machine complète d’un bâti vendu presque nu. Une annonce peu chère peut ne comprendre ni chaîne adaptée, ni guide, ni affûteuse, ni butées. Dans ce cas, le tarif d’achat ne reflète pas le coût réel de remise en service.
Évaluer le prix d’une mortaiseuse Lyon Flex d’occasion
Les prix observés s’étendent approximativement de 200 à 1 500 €. Les exemplaires proposés autour de 300 à 500 € sont souvent des machines anciennes, parfois fonctionnelles mais vendues sans révision approfondie. À l’autre extrémité, une machine testée, complète et prête à travailler peut dépasser 1 000 €.
Je me méfie toujours d’un prix très bas lorsque le vendeur ne montre pas la chaîne en fonctionnement. Une chaîne neuve, un guide et une opération d’affûtage peuvent représenter une part importante du budget. Il faut également ajouter le transport, qui peut coûter plusieurs centaines d’euros pour une machine lourde.
- 200 à 400 € : exemplaire incomplet, ancien ou vendu sans garantie de fonctionnement.
- 400 à 800 € : machine utilisable si le moteur, le guide et les réglages sont corrects.
- 800 à 1 500 € : exemplaire complet, révisé ou doté de plusieurs chaînes et accessoires.
Avant de négocier, je demande une vidéo montrant le démarrage du moteur, la descente de la tête et le déplacement latéral. Je vérifie aussi la plaque signalétique, le numéro de modèle, la tension et les dimensions de la table. Ces détails évitent de découvrir après livraison que la machine nécessite une installation électrique différente.
Les contrôles indispensables avant l’achat
La chaîne et le guide
La chaîne doit couper proprement sans produire une fumée excessive ni forcer sur le bois. Des dents très courtes, des couteaux irréguliers ou un guide creusé indiquent une usure avancée. Je contrôle également le pignon d’entraînement, car une chaîne neuve montée sur un pignon usé ne travaillera pas correctement.
Les mouvements mécaniques
La tête doit descendre sans point dur et revenir sans jeu excessif. Le déplacement latéral doit rester progressif, tandis que les butées doivent se bloquer fermement. Un peu de jeu sur une vieille machine peut se corriger, mais une glissière déformée ou un mécanisme grippé peut transformer une bonne affaire en chantier coûteux.
Le moteur et l’électricité
Le moteur doit démarrer sans bruit de roulement, odeur de vernis brûlé ou déclenchement du disjoncteur. Je fais vérifier le câblage, la mise à la terre et le sens de rotation par une personne compétente, surtout sur une machine ancienne en triphasé.
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Les accessoires
Les éléments qui font vraiment la différence sont la chaîne, le guide, les butées, le presseur, l’affûteuse et les clés de réglage. Une machine livrée avec plusieurs largeurs de chaîne est plus polyvalente, notamment pour adapter la mortaise à la section du tenon.
Bien utiliser et entretenir la machine
Pour obtenir une mortaise propre, je commence par régler la hauteur, la profondeur et la position de la pièce avant de mettre le moteur en marche. La pièce doit être immobilisée par un presseur efficace. Il ne faut jamais essayer de retenir le bois à la main pendant l’usinage.
La meilleure méthode consiste à entrer progressivement dans le bois et à éviter les mouvements brusques. Une chaîne bien affûtée évacue les copeaux sans demander une pression excessive. Si le moteur ralentit fortement, je remonte la tête, je contrôle l’affûtage et je vérifie que la profondeur ou la largeur choisie n’est pas excessive pour le guide monté.
- Nettoyer les copeaux après chaque utilisation.
- Lubrifier les points prévus par le constructeur.
- Contrôler le serrage du guide et du pignon.
- Affûter la chaîne avec le matériel adapté.
- Débrancher la machine avant toute intervention.
- Porter lunettes, protections auditives et chaussures de sécurité.
Le défaut que je rencontre le plus souvent sur ces machines n’est pas une panne spectaculaire, mais un mauvais réglage associé à une chaîne fatiguée. Le résultat devient alors irrégulier, le bois brûle et l’utilisateur accuse la machine. Dans la pratique, l’affûtage et le réglage comptent autant que la puissance.
Le bon réflexe pour éviter un achat décevant
Une mortaiseuse à chaîne Lyon Flex reste un choix pertinent pour qui accepte d’acheter une machine ancienne et de l’inspecter avec méthode. Je privilégierais un exemplaire complet, testable, équipé de son guide et de sa chaîne, même vendu un peu plus cher qu’un bâti incomplet.
Avant de conclure, je comparerais le prix de la machine avec celui des consommables, du transport et de l’alimentation électrique. Une fois ces éléments intégrés, le modèle le plus intéressant n’est pas forcément le moins cher, mais celui qui peut reprendre le travail rapidement et en toute sécurité.