Les scies de la marque Kity gardent un vrai intérêt pour qui cherche une machine d’atelier compacte, souvent robuste et encore réparable. Je passe ici en revue les familles de machines, les modèles qui reviennent le plus, les points à contrôler avant achat et les réglages qui évitent les déceptions à l’usage.
L’objectif est simple: vous aider à distinguer une bonne opportunité d’une machine usée, surtout sur le marché de l’occasion où les écarts d’état sont énormes.
L’essentiel à retenir sur les scies Kity
- La marque Kity a été reprise par Scheppach en 2004, mais le parc visible en France reste surtout celui des machines d’occasion.
- Les familles les plus utiles pour la menuiserie sont la scie circulaire sur table, la scie à ruban et, selon les ateliers, les scies à onglet ou radiales.
- Une 419 se juge sur la table, le guide parallèle, l’arbre et les sécurités; une 613 se juge sur les volants, la tension et le guidage de lame.
- En 2026, les repères de prix vont souvent d’environ 25 € à 600 € selon l’état, les accessoires et la complétude.
- Je préfère une base saine et complète à une machine “rare” mais amputée de pièces difficiles à retrouver.
Ce que recouvrent vraiment les machines Kity
Quand je parle de Kity, je pense d’abord à des machines de menuiserie pensées pour l’atelier domestique sérieux: pas des jouets, mais pas non plus des centres d’usinage industriels. Scheppach indique avoir repris la marque en 2004, et c’est utile à savoir parce que cela explique pourquoi les machines anciennes circulent encore beaucoup, tandis que la production actuelle suit d’autres logiques de gamme.
Dans les faits, l’univers Kity se répartit surtout entre les scies circulaires sur table, les scies à ruban et, selon les séries, des scies à onglet, plongeantes ou radiales. L’usage n’est pas le même: la circulaire privilégie le débit et les coupes droites, la ruban apporte plus de polyvalence pour le délignage et les formes, et l’onglet sert aux coupes transversales précises et aux angles.
Je conseille toujours de partir de l’usage réel avant de regarder le badge sur la machine. Une Kity bien choisie pour le bon travail sera plus agréable qu’un modèle plus ambitieux, mais mal adapté à votre atelier. C’est précisément pour cela que je passe maintenant aux références les plus courantes.

Les modèles qui reviennent le plus souvent dans un atelier
Si vous cherchez une machine Kity, vous retombez souvent sur les mêmes familles. Les plus visibles restent la 419 pour la coupe sur table et la 613 pour la scie à ruban. Ce sont deux logiques différentes, et je trouve utile de les comparer directement plutôt que de les mélanger dans le même panier.
| Modèle | Type | Ce qu’elle fait le mieux | Points de vigilance | Données utiles |
|---|---|---|---|---|
| Kity 419 | Scie circulaire sur table | Débit, coupes droites, petits panneaux et travaux de série légère | Guide parallèle, hauteur et inclinaison, jeu dans l’arbre, carters et couteau diviseur | Lame 200 mm, 4 750 tr/min, table 535 x 400 mm, poids 25 kg, moteur selon version de 750 à 1 100 W |
| Kity 613 | Scie à ruban | Délignage, courbes, pièces plus épaisses et travail plus polyvalent | Tension du ruban, alignement des volants, guides, roulements et état des bandages | Hauteur de coupe 200 mm, largeur utile 306 mm, lame 2 300 mm, largeur 6 à 25 mm, poids 83 kg, moteur 1,5 kW, 2 800 tr/min |
Au-delà de ces deux piliers, les archives de notices montrent aussi des scies à onglet comme les MS216A, MS254 et MS305DB, ainsi que des plongeantes 550 et 750 ou une radiale KS305BF. Je les vois plutôt comme des machines spécialisées, très utiles si votre atelier travaille beaucoup les angles, les coupes de chantier ou les découpes rapides, mais elles ne remplacent pas une bonne table ou une ruban bien réglée.
Une fois le type de machine identifié, le vrai sujet devient plus concret: faut-il acheter cette pièce-là, dans cet état-là, à ce prix-là? C’est ce que je regarde juste après.
Comment choisir un modèle d’occasion sans mauvaise surprise
Sur le marché français de l’occasion, les annonces donnent un bon baromètre. J’y vois souvent des machines ou des pièces entre 25 € et 600 €, avec un vrai saut de prix dès que la machine est complète, propre et livrée avec guides, carters ou poussoir. Ce n’est pas une cote officielle, mais c’est un repère utile pour négocier sans se raconter d’histoires.
Sur une scie circulaire sur table
- Je contrôle la planéité de la table et l’absence de fissures, de chocs ou de corrosion profonde.
- Je teste le guide parallèle pour voir s’il verrouille franchement et s’il reste bien parallèle à la lame.
- Je vérifie l’arbre et la montée de lame afin de repérer un jeu anormal, un point dur ou une inclinaison irrégulière.
- Je regarde les sécurités : carter, couteau diviseur, interrupteur et poussoir doivent être présents ou facilement remplaçables.
- J’écoute le moteur à vide: un ronflement propre est rassurant, des claquements ou des vibrations lourdes le sont beaucoup moins.
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Sur une scie à ruban
- Je regarde les volants pour repérer un voile, un bruit de roulement ou un bandage usé.
- Je teste la tension et le centrage du ruban car c’est souvent là que les machines fatiguées se trahissent immédiatement.
- Je vérifie les guides de lame : s’ils sont trop éloignés, usés ou bricolés, la précision chute vite.
- Je contrôle l’inclinaison de la table et le serrage des réglages, surtout si la machine a déjà été démontée.
- J’inspecte le support et la stabilité parce qu’une ruban de 83 kg ne pardonne pas un châssis fatigué ou mal remonté.
Si le vendeur refuse un essai sous tension, je considère que le risque technique doit déjà être intégré au prix. Une machine muette ou incomplète peut rester intéressante, mais seulement si vous savez exactement ce qu’il manque et combien cela va coûter à rattraper.
Réglage et entretien qui prolongent la coupe
Je pars d’une idée simple: une Kity mal réglée coupe mal, une Kity bien réglée coupe nettement et fatigue moins l’opérateur. Le réglage fait souvent plus que la marque elle-même, surtout quand la machine a plusieurs décennies derrière elle.
- Je nettoie avant de régler : la résine, la poussière et les dépôts masquent les vrais défauts et faussent les contrôles.
- Je remplace ce qui prend du jeu : courroies détendues, roulements bruyants, guides usés ou vis de réglage marquées.
- Je respecte le régime de travail : certaines plaques moteur indiquent un service S6 à 40 %, ce qui signifie un fonctionnement par cycles, pas une production continue lourde.
- Je choisis la bonne lame : sur une circulaire, le diamètre et le nombre de dents changent la qualité du trait de coupe; sur une ruban, la largeur du ruban change le compromis entre courbe et rectitude.
- Je travaille avec une aspiration correcte : sur les rubans Kity, une bouche de 100 mm change vraiment le confort et la propreté du poste.
Sur une circulaire, je m’assure aussi que le couteau diviseur est bien dans l’axe de la lame et que le carter couvre correctement la zone de coupe. Sur une ruban, je regarde la tension, le guidage et l’état des volants; une lame neuve ne compense pas des roulements fatigués ou un mauvais alignement.
C’est aussi pour cela que je ne sépare jamais réglage et sécurité: une machine qui coupe bien sans protections n’est pas une bonne affaire, c’est un risque reporté dans le temps.
Pièces, notices et budget en 2026
La vraie force des anciennes Kity, c’est qu’on trouve encore de la documentation et des vues éclatées pour plusieurs références. La vraie limite, c’est que certaines pièces de structure deviennent vite rares. En clair, je n’ai pas peur d’une courroie ou d’un roulement, mais je réfléchis à deux fois devant une table fendue, un guide manquant ou un capot bricolé.
| Élément | Disponibilité | Mon jugement |
|---|---|---|
| Lames, courroies, roulements | Forte | Je les considère comme des consommables normaux. |
| Guides, poussoirs, capots, interrupteurs | Moyenne | À vérifier avant achat, surtout si la machine a déjà été démontée. |
| Tables, volants, arbres, bâtis | Faible | Je n’achète que si la base est saine. |
| Notices et vues éclatées | Plutôt bonne | Très utiles pour remettre la machine d’aplomb sans improviser. |
En 2026, mon repère reste le suivant: une machine incomplète ou à reprendre peut se négocier très bas, une machine propre et fonctionnelle se situe souvent autour de 180 à 300 €, et un exemplaire complet, bien réglé ou accompagné d’accessoires sérieux peut monter vers 600 € et plus. Je garde cette fourchette comme outil de comparaison, pas comme vérité absolue.
Ce qui fait la valeur réelle, ce n’est pas seulement le nom Kity sur le capot, c’est la somme des éléments encore en bon état, du temps de remise en route et du coût des pièces manquantes. C’est là que beaucoup d’acheteurs se trompent.
Le test de 10 minutes qui tranche entre une bonne affaire et un piège
Avant de sortir le portefeuille, je fais toujours le même contrôle rapide. Il n’est pas spectaculaire, mais il évite énormément d’achats impulsifs.
- Je fais tourner la machine à vide et j’écoute les bruits de roulement, de courroie et de moteur.
- Je vérifie que la table, le guide ou les volants bougent sans point dur.
- Je coupe une chute de bois droit puis en angle pour voir la précision réelle.
- Je regarde si les sécurités, le carter, le poussoir et les boutons sont présents et utilisables.
- Je note tout ce qui manque et je le convertis immédiatement en coût de remise en état.
Si une machine passe ce test sans tricher, elle mérite clairement le détour. Si elle échoue sur le bruit, le jeu mécanique et les sécurités en même temps, je laisse passer: sur ce type d’atelier, la patience coûte moins cher qu’une réparation mal engagée.