Assembler une porte, un cadre ou un meuble sans multiplier les gabarits devient beaucoup plus simple avec le système DOMINO. Quand on parle de mortaiseuse Festool, il s’agit en pratique d’une fraiseuse portative qui crée une mortaise oblongue pour recevoir un faux tenon en bois. Je vous propose ici un comparatif concret des modèles, des usages, des accessoires indispensables et du budget à prévoir en France.
Le bon choix dépend surtout de la taille de vos assemblages
- DF 500 convient aux meubles, tiroirs, caissons et cadres de petite à moyenne section.
- DF 700 s’adresse aux portes, plateaux, bâtis et pièces épaisses en bois massif.
- DFC 500 apporte la mobilité du 18 V, mais la version E-Basic est vendue sans batterie ni chargeur.
- Les DOMINO vont de 4 x 20 mm à 14 x 140 mm selon la machine utilisée.
- Une aspiration efficace est presque indispensable pour garder des mortaises propres et précises.

Ce que recouvre réellement une mortaiseuse Festool
Festool ne propose pas ici une mortaiseuse stationnaire traditionnelle avec table, bédane et chaîne. Sa solution est le système DOMINO, une fraiseuse électroportative qui réalise rapidement des trous oblongs dans les pièces de bois.
Dans chaque trou vient se loger un tenon DOMINO, aussi appelé faux tenon. Sa forme ovale empêche les pièces de tourner après assemblage, tandis que les rainures latérales et les poches de colle améliorent la tenue du collage.
Un fonctionnement différent du tourillon
La fraise tourne tout en effectuant un mouvement pendulaire. Elle ne creuse donc pas un simple trou rond, mais une mortaise allongée qui accepte un tenon plat et épais. La première mortaise se réalise généralement sans jeu pour positionner précisément l’assemblage, puis les suivantes peuvent être élargies pour faciliter le montage.
C’est ce détail qui rend la machine très agréable à utiliser. Je trouve qu’elle pardonne mieux les petites différences de report qu’un alignement par tourillons, tout en offrant une résistance bien supérieure à celle d’une lamelleuse classique.
DF 500, DFC 500 ou DF 700 quelle machine choisir
| Modèle | Tenons compatibles | Profondeur maximale | Poids | Usage conseillé |
|---|---|---|---|---|
| DF 500 RQ-Plus | 4 x 20 à 10 x 50 mm | 28 mm | 3,6 kg | Meubles, tiroirs, caissons, cadres |
| DFC 500 E-Basic | 4 x 20 à 10 x 50 mm | 28 mm | 3,4 kg | Chantier et atelier sans câble |
| DF 700 EQ-Plus | 8 x 40 à 14 x 140 mm | 70 mm | 5,5 kg | Portes, tables, bâtis et bois massif épais |
La DF 500 pour l’ébénisterie et l’agencement
La DF 500 R travaille avec une fraise de 4 à 10 mm, une profondeur maximale de 28 mm et une puissance de 420 W. Elle convient particulièrement aux panneaux de 12 à 25 mm, aux montants de meubles, aux tiroirs et aux assemblages en onglet.
Pour un atelier qui fabrique surtout des bibliothèques, des meubles bas ou des caissons, c’est le modèle que je choisirais en premier. Elle est suffisamment légère pour être manipulée longtemps et ses butées intégrées accélèrent réellement les séries répétitives.
La DFC 500 quand la mobilité compte
La DFC 500 reprend le principe de la DF 500 avec une alimentation par batterie 18 V. Elle pèse 3,4 kg sans accessoire et atteint une vitesse à vide de 18 500 tours par minute. La poignée étrier apporte un confort appréciable lorsqu’on travaille sur chantier ou dans des positions peu pratiques.
La version E-Basic est toutefois livrée sans batterie ni chargeur. Elle devient donc intéressante surtout si vous possédez déjà plusieurs outils Festool en 18 V. Sinon, il faut ajouter le prix de la batterie, du chargeur et parfois celui d’un aspirateur sans fil.
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La DF 700 pour les assemblages lourds
La DF 700 XL accepte des tenons jusqu’à 14 x 140 mm, avec une profondeur de fraisage réglable de 15 à 70 mm. Ses fraises de 8, 10, 12 et 14 mm sont adaptées aux pieds de table, aux portes, aux grands cadres et aux pièces de charpente légère.
Elle est nettement plus encombrante et plus lourde, mais cette différence devient un avantage dès que les sections augmentent. Acheter une DF 700 pour assembler uniquement des tiroirs serait à mon avis un investissement disproportionné.
Comment choisir sans payer une capacité inutile
Le diamètre du DOMINO doit correspondre à l’épaisseur et aux contraintes de la pièce. Pour un panneau de 19 mm, un tenon de 6 x 40 mm suffit souvent. Pour un montant de porte ou un pied de table, il faut davantage de matière autour de la mortaise, ce qui justifie la DF 700.
- Meubles et caissons : DF 500 avec des DOMINO de 5, 6 ou 8 mm.
- Tiroirs et petites pièces : DF 500 avec les tenons de 4 x 20 mm.
- Chaises et cadres robustes : DF 500 ou DF 700 selon la section du bois.
- Portes et plateaux épais : DF 700 avec des tenons de 10 à 14 mm.
- Travail fréquent sur chantier : DFC 500 si vous disposez déjà de batteries compatibles.
Je déconseille de choisir uniquement en fonction de la puissance. La précision vient surtout du bon réglage de hauteur, de la stabilité de l’appui et du choix d’une fraise adaptée. Une petite machine bien maîtrisée donnera un meilleur résultat qu’une grosse machine utilisée avec une butée mal positionnée.
La bonne méthode pour réaliser une mortaise DOMINO
- Préparer les pièces en contrôlant leur équerrage et en repérant une face de référence commune.
- Choisir le tenon et la fraise en fonction de l’épaisseur du bois et de la profondeur disponible.
- Régler la hauteur, l’angle et la profondeur avant de commencer la série.
- Fraiser la première mortaise avec précision, puis utiliser le réglage avec jeu pour les mortaises suivantes.
- Faire un montage à blanc avant d’appliquer la colle et de serrer l’assemblage.
Les quatre broches de butée facilitent beaucoup le positionnement à partir d’un chant de référence. Pour les grands espacements, une butée de report devient utile et évite de reporter chaque cote au crayon.
L’aspiration ne sert pas seulement à garder l’atelier propre. Les copeaux accumulés dans la mortaise peuvent empêcher le tenon d’entrer complètement et créer un défaut d’affleurement. Je branche donc systématiquement un aspirateur sur le raccord de 27 mm, surtout dans les bois résineux et les panneaux qui produisent beaucoup de poussière.
Quel budget prévoir pour une installation complète
Le prix de la machine n’est qu’une partie de l’investissement. Il faut au minimum prévoir une fraise, plusieurs dimensions de tenons, un aspirateur adapté et, pour la version sans fil, une batterie et un chargeur.
| Équipement | Repère de prix en France en 2026 | Observation |
|---|---|---|
| DF 500 RQ-Plus | Environ 1 050 à 1 300 € TTC | Écart selon le revendeur et le contenu du coffret |
| DFC 500 E-Basic | 1 056,08 € HT au tarif catalogue consulté | Batterie et chargeur non inclus |
| DF 700 EQ-Plus | Environ 1 500 à plus de 3 200 € TTC | Les promotions et les tarifs professionnels créent de grands écarts |
| Fraises et tenons | Budget variable selon les dimensions | Les consommables DOMINO représentent un coût récurrent |
Ces montants sont des repères et non des prix fixes. La DF 700 peut être très intéressante pour un professionnel qui réalise régulièrement des portes ou des bâtis, mais elle est difficile à amortir pour un amateur qui fabrique quelques meubles par an.
Le système est aussi plus coûteux que des tourillons ou des lamelles. En contrepartie, on gagne du temps en traçage, en positionnement et en reprise. C’est cette économie de main-d’œuvre, plus que la seule résistance du tenon, qui justifie le prix dans un atelier actif.
Les limites à connaître avant l’achat
Une fraiseuse DOMINO ne remplace pas une mortaiseuse stationnaire pour la production intensive de mortaises identiques. Elle excelle dans les assemblages variés, les pièces longues et les travaux où il serait compliqué d’amener le matériau jusqu’à une machine fixe.
Il faut également accepter le coût des fraises et des tenons propriétaires. Une fraise émoussée réduit la qualité du trou et augmente l’effort demandé à la machine. Sur du bois très dur, je préfère ralentir l’avance et contrôler régulièrement l’état de coupe plutôt que forcer.
Mon choix serait simple. Pour la majorité des projets de menuiserie, la DF 500 R offre le meilleur équilibre entre précision, poids et polyvalence. Je ne passerais à la DFC 500 que pour un vrai besoin de mobilité, et à la DF 700 uniquement si les assemblages exigent des tenons longs et des sections importantes.
Dans les trois cas, la qualité finale dépend autant de la préparation des pièces et de l’aspiration que de la machine elle-même. Un repère bien choisi, une fraise affûtée et un montage à blanc font souvent davantage de différence que quelques centaines de watts supplémentaires.